
Je suis le trait d’union entre l’exil et l’ancrage.
À l’Université de Sudbury, une nouvelle génération francophone cherche les mots pour raconter ce qu’elle a quitté, ce qu’elle porte avec elle et ce qu’elle construit maintenant.
Réunis au sein du Collectif Ancrage et Exil, les membres de la première cohorte accueillie depuis la relance de l’université ont transformé leurs expériences en matière littéraire. Accompagnés par Isabelle Bourgeault-Tassé et une équipe de création, ils ont exploré l’amour, le courage et l’identité par la poésie, le récit personnel, la réflexion et la performance.
Leurs voix se rencontrent dans un recueil numérique de 52 pages, façonné par l’écriture, la direction artistique, le design et la photographie. Ensemble, elles dessinent le portrait d’une francophonie nord-ontarienne en mouvement, nourrie par plusieurs langues, territoires et parcours.
Le recueil rassemble les textes de 24 personnes nommées, une contribution anonyme, un prélude, un prologue et un épilogue. Sa conception visuelle accompagne les trois grands thèmes de l’œuvre, l’amour, le courage et l’identité, tout en préservant la forme et la personnalité de chaque texte.
À l’automne 2025, les premiers laboratoires d’écriture ont invité chaque personne à partir de ses langues, de ses souvenirs, de ses racines et de sa manière d’habiter Sudbury. Sous l’accompagnement artistique et pédagogique d’Isabelle Bourgeault-Tassé, les expériences personnelles sont progressivement devenues des poèmes, des récits et des textes destinés à être partagés.
C’est pendant l’une de ces rencontres qu’est apparue anonymement la phrase : « Je suis le trait d’union entre l’exil et l’ancrage. » Elle a offert au groupe une image commune pour parler de ce qui avait été quitté, de ce qui avait été transmis et des attaches qui se créaient peu à peu.

Des mots recueillis pendant un laboratoire d’écriture, où est apparue la phrase « Je suis le trait d’union entre l’exil et l’ancrage », devenue le fil conducteur du projet.
Certains textes évoquent l’éloignement, la famille ou les souvenirs d’ailleurs. D’autres racontent le courage de recommencer, de prendre la parole ou de trouver sa place entre plusieurs langues, cultures et versions de soi. Chaque voix part d’un vécu singulier, mais toutes se rejoignent dans cet espace entre l’exil et l’ancrage.
Une journée de formation littéraire et artistique, tenue en mars 2026, a permis d’explorer de nouvelles formes de création. Les ateliers du printemps ont ensuite donné au collectif le temps de reprendre les textes, d’en préciser le rythme et de faire apparaître les liens entre l’amour, le courage et l’identité.
Le travail artistique s’est poursuivi au-delà de l’écriture. Isabelle Bourgeault-Tassé, Connor Lafortune et Alex Tétreault ont assuré la direction artistique, tandis que Jasmine Morin a développé le design et l’identité visuelle et qu’Isak Vaillancourt a réalisé les photographies. Ensemble, ces contributions ont réuni les textes dans un même univers éditorial.
Les couleurs, les images et les compositions typographiques donnent au recueil son rythme sans uniformiser les voix. Le livre devient ainsi une œuvre collective à part entière, construite par la rencontre entre les textes, les regards artistiques et les choix visuels.
Cette création prend une résonance particulière à l’Université de Sudbury, où le drapeau franco-ontarien a été hissé pour la première fois en 1975. La nouvelle cohorte inscrit à son tour ses voix dans ce lieu de mémoire, notamment par une séance photographique autour du drapeau et une mise en lecture au Salon du livre du Grand Sudbury.
La vidéo revient sur la naissance du collectif, la démarche d’écriture et les expériences qui ont nourri le recueil. Des membres du projet y parlent de leurs parcours, de leur relation avec l’Université de Sudbury et de ce que représentent pour eux l’exil, l’ancrage et la création en français.