
Une ferme, un jardin communautaire, un champ de houblon ou un élevage familial racontent bien plus que ce qu’on y produit. Ces lieux portent des souvenirs, des savoirs et différentes façons d’habiter le territoire et d’en transmettre l’héritage.
Pour Cultiver la table, nourrir la culture franco-ontarienne, Allison Leroux est allée à la rencontre de personnes engagées dans l’agriculture, l’alimentation locale et l’éducation alimentaire. De ces échanges sont nés quatre portraits documentaires bilingues où se mêlent photographies, citations, textes narratifs, carrousels et courtes vidéos.
Réalisés à Caledon, Guelph et Embrun, ces portraits montrent comment la francophonie se transmet aussi par la terre, la mémoire familiale, les gestes agricoles et les liens qui se créent autour de la nourriture. Le corpus comprend 23 publications Instagram regroupées en quatre séries.
Réunis, les quatre portraits présentent différentes façons de cultiver, de nourrir et de transmettre. Chaque série permet d’entrer dans un milieu particulier et de découvrir les personnes, les pratiques et les histoires qui l’animent.
À Chickadee Hill Farm, à Caledon, Jean-François Morin pratique une agriculture diversifiée à petite échelle. Son récit relie le travail agricole et le bien-être animal à la vie familiale et aux relations qui se développent autour de la ferme.
La production locale y devient une manière de partager des connaissances et des valeurs liées à la nourriture, à la communauté et au territoire.
À Embrun, Jeannette Mongeon et Michel Dignard exploitent une ferme familiale ancrée dans la vie rurale de l’Est ontarien.
Leur récit réunit les pratiques agricoles actuelles, les souvenirs de famille et un attachement à la terre transmis au fil des générations. Il témoigne d’un patrimoine franco-ontarien qui continue de vivre dans le travail quotidien de la ferme.
À Caledon, Phil Winters est cofondateur de GOODLOT Farmstead Brewing Co., une ferme de houblon biologique et une brasserie alimentée à l’énergie solaire.
Son portrait montre comment la culture du houblon, l’approvisionnement local et la production brassicole peuvent s’inscrire dans une démarche d’agriculture régénératrice et de protection des terres agricoles.
À Guelph, Karen Houle fait du jardinage communautaire un espace d’apprentissage, de partage et de participation.
Au jardin communautaire Huron Street, l’agriculture biologique, le compost et l’éducation alimentaire permettent aux personnes qui le fréquentent de développer leurs connaissances, de reprendre contact avec la production de leur nourriture et de créer des liens autour de la terre.
Pour certaines des personnes rencontrées, le français n’est plus la langue la plus présente dans la vie quotidienne. Leur attachement à leur héritage franco-ontarien demeure pourtant bien vivant.
Il se manifeste dans les souvenirs de famille, les recettes, les expressions, les gestes agricoles, les connaissances liées à la terre et les traditions alimentaires. La francophonie se transmet de multiples façons. Elle peut aussi habiter une manière de cultiver, de nourrir, de raconter son enfance ou de prendre soin d’un territoire.
En réunissant ces parcours, les portraits proposent une vision ouverte de l’identité franco-ontarienne. Ils montrent une appartenance qui évolue avec les personnes et les générations, tout en continuant de s’enraciner dans la mémoire, les pratiques et les relations.