Murale de Whitby : français et multilinguisme en partage

Porteur du projet: Gina Hook et Marie-Eve Giguère, avec l’École secondaire Donald A. Wilson

Artiste(s) impliqué(s): Mique Michelle

Arts visuels, Graffiti, murale

Whitby, région de Durham

Sur le mur d’un commerce d’aliments africains du centre-ville de Whitby, des plantes, des couleurs et des symboles racontent maintenant une communauté où plusieurs langues et traditions se rencontrent.

Pendant cinq jours, 24 élèves de l’École secondaire Donald A. Wilson ont travaillé avec la muraliste franco-ontarienne et Mique Michelle pour concevoir et peindre cette œuvre extérieure permanente. Ensemble, ils ont exploré les liens entre le français, le multilinguisme, la nourriture et les parcours culturels qui façonnent leur région.

En prenant place dans un quartier vivant et fréquenté, la murale a fait du français une langue de création, de collaboration et de rencontre. Avant même que l’œuvre soit terminée, les échanges avec les personnes du voisinage avaient déjà transformé le chantier en expérience communautaire.

La murale prend place sur le mur d’Alayo Foods, un commerce d’aliments et de produits africains situé au 104, rue Colborne Est, au centre-ville de Whitby. Cet environnement a naturellement orienté la création vers les plantes, les recettes et les ingrédients qui voyagent d’un pays à l’autre, puis trouvent une nouvelle place dans les cultures locales.

Cette idée du voyage a aussi guidé la réflexion sur les langues et les identités. À Whitby, le français côtoie de nombreux parcours culturels et contribue, avec eux, à façonner la communauté.

La composition rassemble notamment des têtes de violon, de l’argousier, du gingembre, des feuilles d’hibiscus, des pousses d’épinette, des mûres, de l’oseille, de l’asclépiade et un rayon de miel. Une hirondelle rustique et une fleur trompette créent un lien avec le Nigeria, tandis que le trille rappelle la francophonie ontarienne.

Les verts et les blancs font écho au drapeau franco-ontarien, au drapeau nigérian et aux couleurs de la Ville de Whitby. Réunies dans une même composition, ces références illustrent une communauté où les langues, les traditions et les personnes s’enracinent ensemble.

Quand le français prend place dans la ville

Pendant cinq jours, le français a quitté la salle de classe pour se retrouver dans les échanges, sur les pinceaux et sur un mur du centre-ville de Whitby. Les élèves l’ont utilisé pour imaginer, faire des choix artistiques et collaborer avec Mique Michelle autour d’une œuvre appelée à demeurer dans le quartier.

À mesure que les couleurs apparaissaient, des personnes se sont arrêtées pour observer, poser des questions et encourager le groupe. Certaines ont spontanément parlé français avec les élèves, heureuses de voir leur langue représentée dans l’espace public. Plusieurs jeunes ont ainsi découvert une présence francophone bien vivante autour d’eux, au-delà de leur expérience scolaire.

Les commerces voisins ont offert de l’eau, l’accès à leurs installations et différentes formes de soutien. Des personnes sont même revenues suivre l’évolution de la murale et ont exprimé leur désir de la protéger. Avant d’être terminée, l’œuvre prenait déjà sa place dans la communauté.

Deux personnes posent côte à côte devant une murale colorée dominée par une grande fleur jaune, l’une faisant un pouce levé et l’autre un signe de paix.

Mique Michelle échange avec une participante pendant la réalisation de la murale, dans un moment de création et d’apprentissage partagé.

De l’idée au geste collectif

Avant de commencer à peindre, l’artiste Mique Michelle a invité les élèves à réfléchir aux langues présentes dans leur quotidien, à la migration, à la nourriture et aux identités culturelles. Leurs idées ont ensuite nourri les dessins, les couleurs et les symboles de la murale.

Elle leur a transmis les gestes du muralisme, de la préparation du mur au travail à grande échelle. Nettoyer la surface, appliquer la couche de fond, choisir les pinceaux et coordonner les différentes parties de l’image faisaient partie d’un même apprentissage : transformer une réflexion collective en œuvre publique.

La pluie, les travaux voisins et les accès parfois bloqués ont demandé au groupe de s’adapter. Jour après jour, les idées des élèves ont pris forme sur le mur, jusqu’à devenir une présence durable au cœur de Whitby.

Trois femmes posent devant un mur couvert de graffitis en cours de peinture, l’une tenant un pinceau au bout d’un manche et une autre une bouteille de peinture en aérosol.

De gauche à droite : Gina Hook, l’artiste Mique Michelle et Marie-Eve Giguère devant le mur au début de la réalisation de la murale à Whitby.

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