Ode à nos forêts

Porteur du projet: Boisés Est

Artiste(s) impliqué(s): YAO; dix courtepointières franco-ontariennes; François Gour

Arts textiles, Arts visuels, Écriture, Littérature

Est de l’Ontario, région de Prescott-Russell

Dans l’Est ontarien, la forêt garde bien plus que des arbres. Elle porte des souvenirs d’enfance, des histoires familiales, des érablières, des maisons ancestrales, des métiers et des gestes transmis d’une génération à l’autre.

Pour créer Ode à nos forêts, Boisés Est a invité des élèves de Rockland et des adultes de plusieurs communautés à raconter ce que les boisés représentent dans leur vie et dans la culture franco-ontarienne. Animés par YAO, les ateliers ont permis à 76 personnes de partager 290 textes et citations.

Groupe d’une vingtaine de jeunes et d’adultes réunis dans une salle de classe et posant ensemble devant un tableau et un écran de projection.

Le 4 mars 2026, des élèves du cours FRA4UU de l’École secondaire catholique L’Escale, à Rockland, ont participé à un atelier d’écriture animé par YAO en collaboration avec Boisés Est. Leurs textes ont contribué au processus de création collective autour du patrimoine forestier franco-ontarien.

Une fois transcrites, organisées et anonymisées, ces paroles ont été confiées à des artistes. Elles ont donné naissance à un poème de YAO, à un ensemble textile composé de 18 fresques réparties entre la courtepointe Ode à nos forêts et sa housse de transport artistique, ainsi qu’à une sculpture sur bois. D’une discipline à l’autre, la communauté a offert la matière première d’un ensemble artistique enraciné dans son territoire.

Un homme debout s’adresse au microphone à un groupe d’adultes assis autour de tables dans une salle communautaire.

YAO anime un atelier communautaire consacré aux souvenirs, aux récits et aux liens qui unissent les personnes participantes aux boisés et aux forêts de l’Est ontarien.

Quand les souvenirs deviennent matière artistique

Tout est parti d’une question :

Comment les boisés et les forêts contribuent-ils au rayonnement de notre patrimoine, de nos arts et de notre culture franco-ontarienne?

Les réponses ont fait surgir des promenades en forêt, des souvenirs d’érablière, des efforts de reboisement, des métiers liés au bois, des maisons familiales et le bien-être ressenti au contact de la nature. Chaque personne apportait un fragment de son rapport au territoire.

Les paroles recueillies ont ensuite été confiées aux artistes, qui les ont interprétées selon leur propre démarche.

Elles ont donné naissance à trois œuvres principales :

  • YAO a créé le poème Ces gens qui plantent des arbres…, inspiré des voix et des souvenirs de la communauté.
  • Dix courtepointières ont réalisé les 18 fresques textiles réunies dans la courtepointe Ode à nos forêts et sa housse de transport artistique.
  • François Gour a réalisé La rencontre des 3 emblèmes, un bas-relief sculpté dans le tilleul qui réunit la feuille d’érable, la feuille de lys et la feuille de trille.

Ensemble, ces œuvres montrent comment une même parole peut voyager d’un art à l’autre, tout en demeurant profondément enracinée dans la communauté qui l’a inspirée.

Ces gens qui plantent des arbres…

Inspiré des paroles recueillies pendant les ateliers, le poème de YAO relie la plantation des arbres à la mémoire familiale, au bien-être, à la création et à la continuité du français dans l’Est ontarien.

Les boisés y deviennent à la fois un lieu de guérison, une archive vivante et un héritage à transmettre aux générations suivantes.

Découvrez le poème
Lisez Ces gens qui plantent des arbres… de YAO dans sa version intégrale.


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Une forêt cousue de récits

Dix courtepointières ont puisé dans le corpus communautaire ainsi que dans leurs propres souvenirs et connaissances du territoire. À l’aide du tissu, de la couture, de la broderie et du matelassage, elles ont transformé ces récits en paysages, en personnages et en traces de mémoire.

Les 18 fresques évoquent notamment la forêt Larose, la rivière Castor, les érablières, les maisons ancestrales, l’histoire d’Embrun, la plantation d’arbres et les liens transmis entre les générations. D’autres font place à l’amitié, à l’enfance, à la liberté et au ressourcement.

Francine Cayouette a assuré le design général, l’assemblage et le matelassage. Seize fresques composent la courtepointe principale, tandis que deux autres sont intégrées aux deux faces de sa housse de transport artistique. Ensemble, elles forment une mémoire textile du territoire franco-ontarien.

La courtepointe Ode à nos forêts

Mesurant 88 pouces sur 88 pouces, Ode à nos forêts rassemble 16 fresques textiles dans sa composition principale. Deux fresques supplémentaires sont intégrées aux deux faces de sa housse de transport artistique, qui mesure 24 pouces sur 18 pouces sur 5 pouces.

L’ensemble compte ainsi 18 créations réalisées par dix courtepointières franco-ontariennes.

La courtepointe peut être exposée dans différents lieux afin de faire circuler les récits, les paysages et les souvenirs qui ont inspiré sa création.

Pour en savoir plus sur les possibilités d’exposition de la courtepointe, communiquez avec Boisés Est.

Les 18 fresques textiles

Chacune des 18 fresques raconte une histoire singulière. Inspirées des récits recueillis pendant les ateliers, mais aussi des souvenirs et des connaissances des courtepointières, elles évoquent la forêt Larose, les érablières, la rivière Castor, les maisons ancestrales, l’amitié, la transmission, le ressourcement et les liens qui unissent les communautés à leur territoire.

 

 

Carré de courtepointe représentant six arbres stylisés formés de tissus aux motifs variés, disposés sur un fond clair à motifs floraux.

Forêt Larose
Micheline Bercier Larivière
Inspiration : Les premières plantations de conifères de la forêt Larose et les efforts de reboisement entrepris dans la région de Bourget.

La maison de l’aïeul
Micheline Bercier Larivière
Inspiration : Une maison familiale transmise de génération en génération et le désir de préserver le milieu naturel qui l’entoure.

Le repère
Micheline Bercier Larivière

Inspiration :L’image d’un arbre majestueux et isolé qui permet de s’orienter dans un paysage agricole.

La transmission
Francine Cayouette
Inspiration : La transmission des connaissances, des valeurs et de l’amour de la forêt entre les générations.

Du haut des arbres
Francine Cayouette
Inspiration : La joie d’une aventure dans les arbres et le contact direct avec la nature.

À l’érablière
Francine Cayouette
Inspiration : Les souvenirs liés à la collecte de l’eau d’érable autour d’une cabane dans un boisé.

Liberté
Stéphanie Cayouette
Inspiration : Les nuances, les ombres, la lumière et les racines des sous-bois comme images de croissance et d’épanouissement.

En raquettes dans le bois
Michèle Chauvin-Bourdon
Inspiration : Une promenade en raquettes dans un bois ensoleillé, pour écouter les oiseaux et admirer la nature.

L’homme qui plante des arbres
Michèle Chauvin-Bourdon
Inspiration : Le poème « Ces gens qui plantent des arbres… » de YAO et la mémoire du mari de l’artiste, qui a planté près de 40 000 arbres au cours de sa vie.

Ces gens qui…
Claude Gagné
Inspiration : Plusieurs histoires réunies comme dans un album jeunesse, autour du territoire, de la migration, des générations à venir et de l’imaginaire.

Sur les bords de la Castor
Denise Gratton
Inspiration : La rivière Castor, la forêt et l’histoire d’Embrun, façonnée par le territoire, le reboisement et la vie communautaire.

Un Stinson atterrit à Embrun
Denise Gratton
Inspiration : Les récits de l’aviateur Gilles Gratton et le lien moins connu entre les forêts de la région et l’histoire de l’aviation.

L’or de la forêt
Adèle Gauthier
Inspiration : Les chanterelles de la forêt Larose, que l’artiste appelle « l’or de la forêt », et leur couleur jaune riche et lumineuse.

Sortez le piano!
Lorraine Jeansonne
Inspiration : Un récit familial transmis par Jean Saint-Pierre, dans lequel son ancêtre Adolphus ordonne de sauver le piano lorsque sa maison prend feu en 1905.

Une forêt dans la voix
Lorraine Jeansonne
Inspiration : Le livre « Une forêt dans la voix » d’Andrée Christensen et la place de la forêt dans l’imaginaire, l’enfance et le sentiment d’appartenance.

Éclats magiques de l’amitié
Cynthia Lafortune
Inspiration : Une phrase sur le soleil et la magie de l’amitié, combinée au motif traditionnel de l’éventail de grand-mère et à l’univers de l’enfance.

Se fondre dans l’univers
Cynthia Lafortune
Inspiration : La rencontre du soleil et de la lune, puis le passage vers un univers de rêve, de contemplation et de lâcher-prise.

Promenade en famille dans la forêt
Diane Sabourin
Inspiration : Le calme, la brise et la lumière de la forêt comme espace où une famille peut partager ses rêves et ses projets d’avenir.

La rencontre des 3 emblèmes

François Gour poursuit l’exploration du patrimoine forestier avec La rencontre des 3 emblèmes, une sculpture murale en bas-relief réalisée dans une pièce de tilleul dont le contour naturel d’écorce a été conservé.

Mesurant 43 × 58 cm, l’œuvre a été façonnée à la gouge et aux ciseaux à bois. Une feuille d’érable y accueille deux fleurs de lys et une feuille de trille, réunissant trois emblèmes au sein d’une même composition. Le bois, sa texture et sa forme naturelle prolongent ainsi la réflexion du projet sur la forêt, le territoire et le sentiment d’appartenance.

Planter pour transmettre

Dans Ode à nos forêts, la forêt devient une archive vivante. Elle conserve les traces des familles, des villages, des métiers et des efforts déployés pour reboiser et protéger le territoire.

Planter un arbre prend alors une dimension plus vaste. Le geste prépare l’avenir tout en prolongeant une histoire. Il rappelle que prendre soin des boisés, c’est aussi prendre soin des récits, des savoirs et des communautés qui y sont enracinés.

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